Togo : Comprendre le fonctionnement du réseau géodésique national

Ce lundi 09 mars 2026 marque un tournant important dans les réalisations d’activités en lien avec les domaines de la cartographie, de la topographie, du cadastre, de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire et des infrastructures. Dans un communiqué, il est fait obligation aux acteurs de rattacher les données des travaux topographiques au Réseau Géodésique National.
Le communiqué
Il est cosigné par Essowè Georges Barcola (ministre des finances et du budget) et Sévon-Tépé Kodjo Adédzé (ministre de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme). Trois mois après la date de publication, les acteurs des domaines concernés ont l’obligation de rattacher leurs données topographiques au réseau géodésique national.
Selon les signataires, cette injonction se situe dans le cadre « de la modernisation des infrastructures géodésiques et géospatiales nationales et de la réforme du système d’information géographique ». Une réforme présentée comme conforme aux dispositions des articles 40 et 41 du code foncier et domanial du Togo. Elle a permis de réaliser, selon le communiqué, « un maillage du territoire national en bornes géodésiques et de nivellement ainsi qu’à l’installation d’un réseau de stations CORS ».
On apprend également que ces réseaux opèrent dorénavant comme « les référentiels officiels de positionnement et d’altimétrie pour tous travaux techniques nécessitant des coordonnées géographiques précises ».
Le fonctionnement du réseau géodésique
Dans le communiqué, les ministres parlent d’un réseau de stations CORS. En effet, il s’agit d’un ensemble de bornes géodésiques et de nivellement installées pour former le réseau de stations qui enregistrent les signaux satellite 24h/24 et 7j/7. D’où le nom réseau de stations de référence fonctionnant en continu (Continuously Operating Reference Stations Network – CORS Network, en Anglais).
Plus précisément, une borne géodésique est un point dont la position sur la terre est déterminée de façon précise, avec une grande exactitude en termes de coordonnées géographiques (latitude, longitude, altitude). Chaque borne peut être matérialisée par un élément précis, visible sur un bâtiment ou au sol (Voir image ci-dessous).

Ces bornes qui fournissent des données géospatiales de précision sont classées par ordre, du premier au troisième, telles qu’indiquées sur la carte annexée au communiqué. En avril 2025, le Togo dispose de 614 bornes de trois catégories (1er , 2ème et 3ème ordres), réparties sur toute l’étendue du territoire national.
Ainsi, on dispose des bornes du premier ordre qui fonctionnent comme les bornes de référence au plan national. Elles sont au nombre de 11 et constituent la référence de base pour tout le réseau.

Sur la carte annexée au communiqué, nous avons dénombrer une cinquantaine de bornes du deuxième ordre. Dans un réseau géodésique, ces bornes jouent le rôle d’intermédiaires et permettent le rattachement fiable des travaux topographiques, cadastraux et d’ingénierie aux stations de base du 1er ordre. Elles garantissent également une haute précision, au centimètre près.
Enfin, on a les bornes de 3ème ordre qui jouent le même rôle que celles du 2ème ordre. En plus de servir d’intermédiaires, elles permettent une validation locale, tout en augmentant la disponibilité des points de référence.
Selon un professionnel du secteur qui nous a expliqué le sujet, l’utilisation du réseau de stations CORS n’est pas une nouvelle chose. « Beaucoup de géomètres, topographes, ingénieurs BTP, etc. utilisent ces bornes depuis un moment. Cela permet de retrouver ses données dans le système national », explique-t-il.
Géraud A.



