Justice : Des défenseurs des droits humains croupissent encore dans les prisons togolaises selon Aziz Goma
Libéré en janvier 2026 suite à une mesure d’amnistie du président du Conseil Faure Gnassingbe, après huit ans de détention sans jugement, à Lomé , Abdoul Aziz Goma, défenseur des droits de l’homme togolo-irlandais, a déclaré que plusieurs détenus politiques croupissent toujours dans les geôles du régime.
“Ma libération en janvier dernier n’est pas le fruit de la justice togolaise, mais de la pression internationale après huit années de torture”, a déclaré le Togolais lors d’une intervention
M. Abdoul Aziz Goma faisait cette déclaration en marge de la 61e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève, ce 2 mars 2026.
Un événement parallèle de haut niveau s’est tenu afin de présenter les conclusions du rapport final du Rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme. Parmi les intervenants figurait le défenseur des droits de l’homme togolais-irlandais Abdoul Aziz Goma, qui a partagé son expérience personnelle de l’emprisonnement au Togo.
“Je n’ai pas été détenu pour ce que j’avais fait, mais pour ce que je représentais : un défenseur des droits humains qui refusait de se taire “, a-t-il déclaré aux participants, soulignant que la pression internationale avait joué un rôle décisif dans sa libération.
Défenseur des droits de l’homme, Abdoul Aziz Goma a été enlevé en 2018 par les argousins de Faure Gnassingbe lors des vagues de répressions du pouvoir contre les sympathisants du Parti national panafricain (PNP). Malgré son passeport irlandais, il a été détenu sans jugement pendant huit années ; il a été torturé d’après ses déclarations. Il a été libéré à la faveur d’une amnistie du Président du Conseil.
Plusieurs détenus politiques croupissent toujours dans les prisons togolaises, a témoigné lors de cette 61ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève.
Le système répressif est toujours en place dans mon pays. Des défenseurs des droits humains sont encore emprisonnés aujourd’hui. », Abdoul Aziz Goma, défenseur des droits humains togolais-irlandais.
Porté au pouvoir depuis le 5 février 2005 par un quarteron d’officiers supérieurs et à la suite d’une présidentielle chaotique qui a vu plus de 400 à 1000 morts, selon les organisations des droits de l’homme, Faure Gnassingbe est en butte régulièrement à des manifestations des Togolais.
Il dirige le pays d’une main de fer à travers moult changements constitutionnels. Le dernier changement de la constitution s’est opéré en avril 2024 sans consultation populaire. Profitant de sa large majorité mécanique au parlement, Faure Gnassingbe a procédé à une modification constitutionnelle faisant passer le pays d’une IVème république à une Vème république parlementaire.
Il est aujourd’hui président du Conseil et dispose d’une mainmise absolue sur toutes les institutions du pays.



