L’Union nationale des transporteurs routiers du Togo (UNATROT) est toujours en crise. C’est l’une des conclusions auquel l’on parvient suite à la sortie médiatique des transporteurs du groupe Progrès Transport, membres de l’UNATROT. Ce mardi, ils ont organisé une conférence de presse à Lomé. Objectif : attirer l’attention des autorités du pays sur le malaise qui prévaut au sein du syndicat.
Dans la déclaration liminaire lue lors de la conférence de presse, les transporteurs soulignent que malgré le calme apparent observé depuis quelques temps, l’Union nationale des transporteurs routiers du Togo (UNATROT) est toujours en crise. Une crise qui a commencé, selon nos sources, sous l’ère Amah Marcelin Aklesso, ancien président de l’UNATROT, accusé de gestion opaque et unilatérale dudit syndicat.
Face à cette situation jugée néfaste aux aspirations du syndicat, des membres l’avaient assigné en justice pour violations des statuts et du règlement intérieur. « A l’époque, le président voulait procéder à une élection sur des bases régionalistes avec des délégués dont le mandat est arrivé à expiration depuis une décennie. Grâce à la justice de notre pays, le congrès électif annoncé par le président Amah Marcelin Aklesso à été suspendu à deux reprises », rappellent les transporteurs.
Après cet épisode judiciaire, l’intervention du ministre des transports de l’époque, Affoh Atcha-Dedji, a permis de parvenir à un accord amiable qui préconise qu’à la suite de la désignation du président et du vice-président, le bureau soit constitué dans un esprit de consensus. Des réformes sont également prévues dans cet accord. « L’une des décisions les plus importantes de cet accord est qu’un délai de six mois est accordé aux deux parties signataires pour effectuer les réformes nécessaires au bon fonctionnement du syndicat, principalement le renouvellement des instances préfectorales et régionales », lit-on dans la déclaration liminaire.
Mais depuis décembre 2022, date de la prise de fonction de l’actuel président de l’UNATROT, c’est le statu quo. Séna Fombo, par ailleurs député dans la 5è République, n’a pas fait les réformes prévues dans les accords qui ont permis son installation. « Malgré un agenda clair et le rappel à l’ordre du ministre des Transports, le processus de renouvellement des sections préfectorales et régionales n’a pas été conduit à son terme. Trois ans après, les délégués préfectoraux et régionaux dont le mandat est arrivé à expiration depuis une dizaine d’années, continuent de jouer les prolongations », dénoncent les transporteurs.
Ils fustigent également le fait que « le consensus qui devrait prévaloir dans la gestion des affaires syndicales n’existe pas », et qu’avec le bureau actuel, « la transparence est foulée aux pieds, dans un système de gestion opaque ».
A travers cette sortie médiatique, les transporteurs disent vouloir attirer l’attention des plus hautes autorités du Togo, à travers le ministre des Transports, sur la situation tendue qui prévaut au sein de l’UNATROT. Ils entendent également « rappeler au président Séna Fombo que s’il est à la tête de l’UNATROT aujourd’hui, c’est grâce à un accord », lui enjoignant de revenir dans ledit accord, « afin de faire les réformes nécessaires au bon fonctionnement du syndicat ».

Tout en remerciant Faure Gnassingbé pour la récente nomination d’un ministre de tutelle, les transporteurs appellent l’autorité ministérielle «à s’impliquer personnellement pour une résolution définitive des problèmes qui minent » l’UNATROT.
Dans une interview accordée à la fin de la conférence de presse, le transporteur Bonante Parou (Coordinateur de Progrès Transport) déclare : « Nous ne pouvons pas dire que l’Honorable Séna Fombo n’a rien fait, parce qu’un être humain, généralement, est amené à avancer. Mais comment peut-on comprendre que depuis 2022 à 2026, aucune carte de membre n’a été délivrée ? Nous avons plusieurs membres qui en ont fait la demande. Les accords ne sont pas respectés puisque d’après nos accords, il devait y avoir le renouvellement des bureaux préfectoraux et régionaux… Nous sommes bientôt à cinq ans de gestion, on n’a jamais reçu de bilan. Nous ne savons pas comment les fonds de l’UNATROT sont gérés… On ne nous dit rien, on ne fait que cotiser ».
« Nous sommes mal assistés. Quand nous avons des problèmes sur la route, nous ne sommes pas accompagnés. Des fois, quand nous rencontrons des problèmes avec les propriétaires de marchandises, on se retrouve seul, comme si on n’était pas un groupement. Quand on subit un sinistre, on n’est pas assisté. Quand nous sommes à l’extérieur du pays, et que nous avons des problèmes aussi, on n’a pas une représentation syndicale qui nous accompagne pour la résolution de nos problèmes. Des fois, nos camions sont bloqués là-bas. Vous pouvez arriver, vous déchargez la marchandise, on vous dit qu’il y a un problème, on saisit votre camion et on vous demande de chercher l’argent pour payer afin qu’on vous libère votre camion », énumère Bonante PAROU, évoquant les manquements dont on accuse l’actuel président de l’UNATROT.
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