Sénégal : Le parlement vote une loi doublant les peines de répression de l’homosexualité

Un projet de loi présenté par le premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, le 24 février dernier a été voté unanimement par les députés. Les relations homosexuelles sont désormais passibles de jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 10 millions francs CFA d’amende.
C’est dans la ferveur et l’esprit d’effectuer une révolution que les parlementaires ont procédé ce 12 mars à l’adoption de la loi renforçant la criminalisation de l’homosexualité. L’ancien texte a été adopté sous le président Macky Sall, le prédécesseur de Diomaye Faye. La nouvelle loi intervient dans un contexte d’hystérie homophobe à la suite de la révélation d’une affaire de pédophilie avec l’arrestation de plusieurs personnes de diverses nationalités pour homosexualité présumée.
Selon les nouvelles dispositions, les relations homosexuelles sont punies désormais de cinq à dix ans de prison. La peine maximale sera prononcée si l’acte a été commis avec un mineur, selon le texte. Celui-ci prévoit aussi des amendes pouvant aller de 2 à 10 millions de francs CFA (3 048 à 15 244 euros), contre 100 000 à 1 500 000 de francs CFA (152 à 2 286 euros) auparavant.
En plus de doubler la peine pour les personnes LGBTQ+, la loi punira également ce qu’elle qualifie de « promotion » ou de « financement » de l’homosexualité, une tentative de s’attaquer aux organisations qui soutiennent les minorités sexuelles et de genre.
La nouvelle loi prévoit également des sanctions pour toute personne qui accuse quelqu’un d’actes homosexuels « sans preuve ».
Néanmoins, l’adoption de la loi intervient dans un contexte de vives tensions politiques dans le pays. Sous pression depuis quelques mois, et manquant de résultat, le premier ministre Ousmane Sonko se donne un peu répit face à la grogne sociale.
Le gouvernement sénégalais est en conflit avec les institutions de Bretton Woods. Le premier Ousmane Sonko a rejeté les exigences du FMI et tente de se tourner vers d’autres partenaires financiers. Il est également en froid avec le président Diomaye Faye et exprime son souhait de démissionner et de faire rentrer dans l’opposition le Pastef, outrageusement majoritaire au parlement. Le charme du tandem Sonko-Faye, qui a contraint le velléitaire Macky Sall, n’opère plus.



