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CAN : Les Etats de l’AES candidats à la co-organisation de l’édition 2032 ?

Certes, il faut de tout faire pour faire un monde, mais football et menaces terroristes ne font pas bon ménage. Comme par extraordinaire, alors que leurs pays sont menacés d’effondrement par l’hydre islamiste, le Mali, le Niger et le Burkina ont fait connaître leur envie de coorganiser la Coupe d’Afrique des nations 2032 (CAN).

Les faits

En conférence de presse le jeudi 23 juillet, le patron de la  Confédération africaine de football (CAF) a  lancé  la campagne d’attribution de la CAN 2023. Et le président de la CAF, Patrice Motsepe, aurait « apprécié cette initiative fondée sur une vision de coopération régionale et encouragé les trois pays à poursuivre leurs efforts » , selon un communiqué de la fédération nigérienne, relayé par RFI . Les trois pays veulent profiter de l’initiative du moment qui est celle des co-organisations des évenements sportifs mondial et continental. Le monde vient de vivre une coupe du monde organisée par le Canada, les Etats-Unis et le Mexique, alors que la prochaine CAN 2027 se déroulera au Kenya, Tanzanie et en Ouganda.

Salué par Patrice Motsepe, le désir de  candidature des Etats de l’AES suscite néanmoins quelques inquiétudes, à savoir la la situation politique et la question sécuritaire préoccupante de la région  : « Je pense qu’il faut faire face à la réalité. Et bien sûr, la démocratie, la liberté d’expression et des élections régulières, c’est non négociable, c’est essentiel, explique-t-il lors d’une conférence de presse. Mais je me rendrai dans ces pays pour discuter de la partie football. Et bien sûr, la décision concernant le lieu où se déroulera la Coupe d’Afrique des nations reviendra au Comité exécutif de la CAF. »

Une question de politique et de  haute sécurité

Depuis plusieurs années voire plus d’une décennie en ce qui concerne le Mali, les Etats de l’AES font face à des défis sécuritaires immenses. Dirigés par des juntes, ces pays vivent sous la menace jihadiste. Des organisations affiliées à des à internationales terroristes comme Al Qaida et l’Etat islamiste veulent instaurer la charia dans ces pays. Les guerres civiles qui se déroulent dans ces Etats ont fait des milliers de morts et des millions de déplacés. La moitié de certains pays n’échappe pas à l’insécurité tandis que la capitale Bamako est régulièrement secouée par des incursions islamistes armées.  

Malgré l’assistance militaire de la Russie, la lutte contre le phénomène djihadiste échappe totalement au contrôle des trois Etats. Le cas le plus de grave est celui du Mali.

En sus de cela, ces Etats qui se sont exclus de la CEDEAO sont dirigés par des juntes qui ont aboli la démocratie et les libertés publiques, dissout les partis politiques, font l’apologie de la dictature militaire. Cette situation d’une instabilité politique caractérisée n’est pas de nature à susciter  chez la CAF d’accepter l’organisation d’un événement sportif continental par ces pays.

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