Inondations au Togo : quand les chiffres de la pluie racontent le changement climatique

Les dernières intempéries qui ont frappé le Togo et des pays du Golfe de Guinée, notamment le Ghana et la Côte d’Ivoire, ne sont pas exceptionnelles. Il semble que le Togo risque de vivre régulièrement ces intempéries qui ont probablement pour origine le changement climatique.
Les inondations qui frappent régulièrement le Togo ne sont plus seulement le fruit d’intempéries saisonnières. Elles s’inscrivent dans une évolution climatique de plus en plus documentée, où les épisodes de pluie deviennent plus violents, même lorsque les cumuls annuels n’augmentent pas significativement.
Les travaux de World Weather Attribution (WWA), publiés après les pluies exceptionnelles de juin 2026 sur le golfe de Guinée, concluent que le changement climatique d’origine humaine a rendu cet épisode de fortes précipitations environ cinq fois plus probable qu’avant l’ère industrielle. Les chercheurs estiment également que l’intensité de ces pluies a augmenté de 4 à 23 %, selon les méthodes de calcul, tandis que ce type d’événement pourrait désormais se produire tous les deux à quatre ans.
Au Togo, les observations de l’Agence nationale de la météorologie montrent que les précipitations sont de plus en plus irrégulières. Le pays alterne désormais des séquences sèches prolongées avec des pluies très concentrées sur quelques heures ou quelques jours. Cette évolution est conforme aux projections du GIEC pour l’Afrique de l’Ouest.
Adapter les infrastructures
Le paradoxe est que des inondations peuvent survenir même au cours d’une saison globalement déficitaire. Ainsi, dans son bulletin de juillet 2026, l’ANAMET indique que la première décade du mois présentait un déficit pluviométrique par rapport à la normale 1991-2020, avec des cumuls allant de 6,4 mm à Mango à 139,3 mm à Pagouda. Pourtant, dans le même temps, le bassin du Mono enregistrait une hausse du niveau des eaux de 110,8 %, illustrant le rôle des pluies intenses concentrées et du ruissellement rapide, selon meteotogo.tg .
Les inondations ne s’expliquent donc pas uniquement par la quantité totale d’eau tombée. Elles résultent aussi de l’urbanisation rapide, de l’occupation des zones inondables, du mauvais drainage des eaux pluviales et de l’imperméabilisation des sols. À Lomé comme dans plusieurs villes du pays, quelques heures de pluie suffisent désormais à saturer les réseaux d’évacuation.
Les chiffres montrent ainsi une réalité nouvelle : ce n’est pas forcément qu’il pleut davantage, mais qu’il pleut plus fort. Dans un climat plus chaud, l’atmosphère peut contenir environ 7 % de vapeur d’eau supplémentaire par degré Celsius de réchauffement, favorisant des averses plus intenses. Pour le Togo, l’enjeu n’est plus seulement de prévoir la pluie, mais d’adapter les infrastructures à une météo devenue plus extrême.



