
Le 21 juin, le Togo a rendu hommage aux martyrs de Pya-Hodo, tombés en 1957 dans la lutte pour la liberté et l’émancipation du peuple togolais. Comme chaque année, les autorités ont salué leur courage et rappelé que l’indépendance du pays a été conquise au prix de vies humaines.
Mais cette journée de mémoire invite également à regarder une autre réalité, plus proche de nous. Celle des Togolais qui, au fil des années, ont perdu la vie en détention, dans des circonstances souvent entourées de silence, de controverses ou d’interrogations. Des citoyens arrêtés pour leurs opinions, des détenus maintenus dans des conditions difficiles, des hommes et des femmes dont les familles attendent encore vérité et justice.
Alors que la Nation célèbre les héros d’hier, les morts des prisons et autres lieux de détention méritent eux-aussi d’être inscrits dans la mémoire collective. Car une société se mesure, autant par sa capacité à honorer ses martyrs historiques que par sa volonté de protéger les droits fondamentaux de ceux qui vivent.
Les treize détenus de la prison civile de Lomé en grève de la faim depuis plusieurs semaines rappellent l’urgence de cette réflexion. Leur combat pour le respect des décisions de justice soulève une question essentielle : que vaut la liberté si elle n’est pas garantie pour tous ?
La Journée des Martyrs ne doit pas seulement être un regard tourné vers le passé. Elle devrait être un appel à préserver la dignité humaine, à combattre l’arbitraire et à faire en sorte qu’aucun citoyen ne perde sa vie ou sa liberté dans l’indifférence. Car honorer les martyrs d’hier, c’est aussi refuser les victimes oubliées d’aujourd’hui.
Kounik



