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Marché d’Adidogomé Assiyéyé / Après la pluie, la boue

Niché dans la commune du Golfe 7, le marché d’Adidogomé Asiyéyé est l’une des places commerciales les plus fréquentées de la capitale, Lomé. Ce marché ouvert tous les jours de la semaine, connaît un pic de ses activités les mardi et samedi. De l’aube à la tombée de la nuit, acheteurs et vendeurs se bousculent. Le problème, c’est l’encombrement des voies et l’eau qui stagne après les pluies.

Ce mardi 23 mai, dans le tohu-bohu généré par l’affluence dans le marché, une vendeuse de friperie interpelle un conducteur de taxi-moto : « Zedman, le fait de t’arrêter là perturbe la circulation. Heureusement que nous ne sommes pas samedi aujourd’hui, sinon, tu ne pourrais pas te garer là-bas ». « Les mardis il y a de l’affluence, mais les samedis, c’est une autre bataille pour se frayer un chemin. Il y a tellement de monde que les voitures peinent à circuler », me confie-t-elle.

Heureusement, nous ne sommes pas un samedi. Pour autant, la circulation n’est pas fluide, pour plusieurs raisons.

Quand les étalages font obstruction au passage

Dans ce lieu où viennent s’approvisionner les populations des communes voisines, les allées du marché ne sont pas assez larges pour permettre aux acheteurs de circuler librement. La faute aux commerçantes qui débordent les limites réglementaires fixées par les responsables du marché.

« Tu vois cet étalage, il ne devrait pas être si avancé. La commerçante doit reculer d’au moins 30cm. Celle qui lui fait face aussi doit reculer un peu son étalage pour libérer de l’espace aux clients. Chaque fois que je viens dans ce marché, je trouve que les étalages sont trop avancés. Mais comme nous arrivons à circuler, malgré les difficultés, on ne se plaint pas trop », explique un conducteur de taxi-moto. « Ce sont nos clientes, et il faut qu’on les ménage un peu. Ce n’est pas bien grave qu’elles avancent un peu leurs étalages », soutient-il, le visage ironique.

Mais il n’y a pas que les étalages qui rendent difficile la circulation dans ce marché.

L’eau et la boue : un autre calvaire

Lorsqu’il ne pleut pas, circuler dans le marché d’Adidogomé Assiyéyé est un jeu d’enfants. Enfin, pas tout à fait, puisque les étalages rappellent qu’on ne court jamais dans un marché qui s’anime. Mais dès qu’apparaissent les premiers nuages dans le ciel, l’atmosphère devient lourd. Sur les visages, on lit une certaine angoisse. L’espoir d’accueillir de nombreux clients fait place à la crainte de passer une journée noire, sans les acheteurs.

Une vendeuse de légumes raconte : « Quand il pleut, les clients ne sortent pas. On vient au marché, mais les activités tournent au ralenti. Ça nous pénalise énormément ».

Il arrive aussi que les clients soient bloqués dans le marché, espérant la fin de la pluie pour faire leurs achats. « Un jour, je suis arrivé au marché et il s’est mis à pleuvoir. C’était une pluie surprise puisqu’il n’y avait pas tant de nuages. Celle qui était en train de me vendre du poisson fumé a vite couvert sa marchandise. Elle me demande de patienter. Toutes les vendeuses se sont mises à couvrir leurs marchandises, dans une précipitation indescriptible. J’étais obligée d’attendre environ une heure dans le marché », raconte dame Rose, rencontrée dans le marché.

Conséquence de cette pluie inattendue, l’eau et la boue qui compliquent les déplacements dans le marché. Les vendeuses sont obligées de s’installer en repoussant l’eau avec des sacs de sable et autres moyens de fortune.

Quant aux ambulantes, le choix s’impose entre retourner à la maison ou marcher dans l’eau et la boue. « Regardez mes pieds. Pourtant, j’ai déjà payé le ticket. Je le paie chaque jour pour circuler dans la boue lorsqu’il pleut », s’indigne une vendeuse ambulante.

Passons sous silence les odeurs nauséeuses et les maladies hydriques qu’entraîne cette proximité des marchandises avec l’eau et la boue. Il n’est pas rare de remarquer que l’eau s’infiltre sous les étals de fortune posés à même le sol.

La commune du Golfe 7 face à ses responsabilités

A Adidogomé Assiyéyé comme dans tous les marchés du Togo, à quelques exceptions près, l’eau et les ordures font partie des problèmes auxquels les communes doivent trouver des solutions durables. Face à la détresse des commerçantes, la commune du Golfe 7 manifeste une volonté à résoudre le problème. En janvier dernier, une sensibilisation a été organisée au sein du marché. Objectif affiché : « Transformer le visage du marché » en le rendant sécurisé, accessible, fluide et propre. Mais plusieurs mois après, l’encombrement des voies par les marchandises, et l’eau stagnante semblent avoir été plus forts que la volonté des autorités municipales.

Jean-Baptiste Edina

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