RDC/Velléités de pouvoir à vie : l’église désavoue Félix Tshisekedi

La République démocratique du Congo (RDC) renoue avec la crise politique. Des tensions naissent dans le pays, depuis la volonté affichée du président Félix Tshisekedi de procéder à une modification de la Constitution pouvant lui offrir un troisième mandat à la tête du pays. Une réforme que dénonce l’église dont la puissance sociale, politique et diplomatique n’est plus à démontrer.
Modifier la constitution pour rester au pouvoir
Le président Félix Tshisekedi est atteint du syndrome de la longévité au pouvoir. Alors qu’il peine à sortir le pays de la guerre que lui fait le Rwanda voisin à travers le M23, le successeur de Joseph Kabila ouvre un autre front. Le 09 juin, la majorité parlementaire a adopté une proposition de loi qui devrait permettre de réviser la Constitution par référendum et de remettre à zéro le compteur des mandats présidentiels en faveur de Félix Tshisekedi. Son deuxième mandat, capté en 2023, prend fin en 2028. Le 15 juin, le texte contesté par l’opinion et l’opposition a été adopté, à son tour, par le Sénat.
Un projet contesté
La contestation de ce projet de troisième mandat prend une tournure plus importante. Alors que l’opposition annonce des manifestation le 8 juillet prochain, la très puissante Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo) rompt le silence.
Dans un message rendu public le 20 juin 2026, les évêques alertent du « danger » qui pourrait découler du changement de la constitution. Tout en avertissant le pouvoir d’une inévitable balkanisation du pays, la Cenco soutient que le déclenchement d’une autre guerre civile est à redouter, dans un contexte où les rivalités politiques revêtent des connotations ethniques et tribales.
Après leur « conclave », les évêques estiment ne pas voir « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité du changement de la Constitution », puisque la priorité aujourd’hui en RDC, rappellent-t-ils, « c’est la paix, le bien-être social du peuple congolais, l’unité et la cohésion nationale ».
Dans cette adresse intitulée « la nation est en péril ! dressons nos fronts, prenons le plus bel élan », les évêques invitent Félix Tshisekedi à respecter son serment prêté devant Dieu et la nation, celui de respecter et défendre la constitution.
Sans ambages, la Cenco demande à la population de résister et de faire à échec à cette modification de la Constitution.
Un revers pour l’alter-ego de Faure Gnassingbé

Cette sortie est non seulement un revers cinglant pour le président congolais, mais aussi une pression de taille contre son projet. Et pour cause, la Cenco est une force sociale, politique et diplomatique dont le positionnement est suivi, même au-delà de la RDC.
En dehors de l’église catholique, il est également annoncé la mobilisation des églises dites de Réveil contre la volonté de Félix Tshisekedi de remettre son compteur à zéro.
Au Togo, une partie de l’opinion impute le choix de Félix Tshisekedi à une certaine proximité avec Faure Gnassingbé qui, au bout de trois mandats comme président de la République, a fait modifier la Constitution. Devenant Président du Conseil des ministres ou du Conseil de la République, tout en renforçant son pouvoir.
Jean-Baptiste Edina



