EPU / L’ASVITTO relève une faible mise en œuvre des recommandations de 2022

Malgré les engagements pris devant ses pairs lors de l’examen périodique universel (EPU) en 2022, l’État togolais traîne les pieds dans la mise en œuvre des recommandations. L’Association des Victimes de Torture au Togo (Asvitto) se dit préoccupée.
À la veille de la Journée internationale de soutien aux victimes de torture, l’Association des Victimes de Torture au Togo (Asvitto) a réuni la presse. Objectif : évaluer ensemble avec les médias le niveau de mise en œuvre des recommandations issues de l’Examen périodique universel (EPU) de 2022.
A l’issue des échanges, le constat de l’organisation de défense des victimes de torture est sans appel. Si le cadre juridique évolue, la réalité du terrain est toujours alarmante. Selon l’Asvitto, seulement entre 20% à 25% des recommandations ont été appliquées, alors que le Togo passera devant ses pairs en janvier 2027. « L’ASVITTO a déjà entamé la rédaction de ses rapports alternatifs, qui seront soumis dès le mois de juillet », soutient Kao Atcholi, Directeur Exécutif de l’Asvitto.
L’organisation relève ainsi un contraste saisissant entre la théorie et la pratique. Elle précise que sur le plan juridique, des avancées sont enregistrées. Il s’agit, entre autres, de l’adoption de la loi organique intégrant le mécanisme national de prévention de la torture. Mais dans la pratique, l’association dénonce une véritable reculade.
Par rapport aux conditions de détention, l’Asvitto déplore une situation carcérale préoccupante et relève qu’à ce jour, une soixantaine de victimes de torture sont toujours en détention arbitraire. « Il faut libérer immédiatement ces personnes et enclencher les processus de réparation », insiste Kao Atcholi.
Dans sa déclaration, le responsable de l’Asvitto souligne que l’exercice d’évaluation vise à rappeler à l’État l’obligation de respecter les engagements pris.
Avant cette évaluation de la mise en œuvre des recommandations, l’Asvitto a organisé une session de formation dédiée aux victimes de torture. Une rencontre qui a permis de faire un état des lieux précis sur la question cruciale des réparations et du respect global des droits humains dans le pays.
Géraud Afangnowou



