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Guerre au Moyen-Orient : L’école bombardée par les Américains était un établissement de filles afro-iraniennes

Alors les investigations se poursuivent, il se ressort néanmoins des informations que l’école bombardée les premières heures par l’aviation israélo-américaine était un établissement de cours primaire accueillant les filles afro-iraniennes. Plus de 150 enfants de l’école des filles de Minab ont été tuées par les frappes aériennes qui visaient vraisemblablement une cible militaire non loin.

Le bombardement meurtrier, survenu au premier jour de la guerre non provoquée que livrent Israël et les Etats-Unis à l’Iran, et qui pose encore de nombreuses questions. Samedi 28 février, dès le début de l’attaque israélo-américaine, le pouvoir iranien a affirmé qu’une école de filles avait été frappée, tuant des dizaines d’enfants entre 7 et 12 ans. Les Iraniens ont très vite accusé Israël et les Etats-Unis, qui assurent ne pas être impliqués.

Selon une enquête du New York Times, il s’agit indubitablement d’un bombardement américain.  S’appuyant sur des images satellites, des publications sur les réseaux sociaux et des vidéos vérifiées, le journal a rapporté que l’école avait été gravement endommagée par une frappe ayant eu lieu en même temps que des attaques contre la base adjacente.

Interrogée par le journal, la Maison Blanche a renvoyé aux déclarations de sa porte-parole, Karoline Leavitt, lors d’une conférence de presse mercredi. Lorsque les journalistes lui ont demandé si les Etats-Unis avaient mené l’attaque aérienne contre l’école, elle a répondu : “Pas à notre connaissance”, ajoutant que “le ministère de la Guerre enquêtait sur cette affaire”.

Une forte communauté afro-iranienne

Beaucoup l’ignoraient. L’Iran compte une forte communauté afrodescendante issue de l’esclavage transsaharien et celui de la côte orientale africaine, surtout entre le XV et le XIXe siècle. Pendant plusieurs siècles, le sultanat d’Oman, aujourd’hui connu pour ses paysages magnifiques et son rôle de Suisse régionale (pays neutre) a été un immense pourvoyeur d’esclaves venus de la côte swahili. La traite orientale islamique ayant déplacé des millions d’esclaves.

Cet esclavage ne prit fin qu’avec la présence des Européens. Les Afro-Iraniens sont estimés à 10% de la population totale. Avec une forte mixité avec le reste de la population, ils constituent néanmoins la couche la plus vulnérable de l’Iran. Ces populations étaient engagées dans les travaux agricoles, les chantiers de construction et, pour de riches familles de notables persans, comme domestiques de maison et du quotidien. L’armée pouvait également en intégrer, comme sous la dynastie Qadja, d’après le journaliste français Cédric Labrousse.

Cependant, l’arrivée au pouvoir des islamistes a entraîné leur intégration dans la société iranienne. Il n’est pas ainsi rare d’en trouver parmi le clergé islamique, à l’instar du sheikh Mohammad Ali Mousavi Jazayeri, proche de Khomeini et membre de l’assemblé des experts. On peut citer également des artistes comme Saeid Shanbehzadeh; aujourd’hui exilé en France.

Émerge et se consolide cependant une forte revendication identitaire; avec la naissance il y a quelques années du Collectif pour les Afro-Iraniens (Collective for Black Iranians).

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