Société

Drogues : Hausse des saisies de cannabis, mais faibles quantités de cocaïne et d’héroïne

Plus de 50 tonnes de cannabis saisies au Togo en 2025, et de faibles quantités en kilogrammes de cocaïne et méthamphétamine, selon le ministère de la Sécurité, qui ne donne néanmoins aucune information précise sur les tenants et aboutissants du trafic de drogue au Togo. L’actualité internationale du pays est pourtant parfois marquée par des arraisonnements de bateaux battant pavillon togolais.

Dans le cadre de la journée internationale de lutte contre le trafic de drogue, le 26 juin dernier, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a indiqué à avoir procédé, en 2025, à une saisie de record de 50 tonnes de cannabis et ainsi quelques centaines de kilogrammes de drogues dures.

En 2025, 50 729 kilogrammes de drogues et substances illicites ont été saisis et détruits, dont 50 291 kilogrammes de cannabis, 51,77 kilogrammes de cocaïne, 8,5 kilogrammes de méthamphétamine et 377,78 kilogrammes de psychotropes illicites“, précise le communiqué.

Au Togo, la lutte opérationnelle contre les stups est conduite par l’Office central de répression du trafic illicite des drogues et du blanchiment (OCRTIDB). Il a pour mission de prévenir et de réprimer le trafic de stupéfiants, de démanteler les réseaux criminels et de lutter contre les circuits financiers issus de ces activités illicites.

Cependant, les statistiques officielles illustrent un trafic de drogue tournant autour du cannabis, une des drogues les plus consommées au monde, et alors que les chiffres autour des autres drogues dures semblent moindres. Le ministère du colonel Calixte Batossié Madjoulba ne livre aucune précision quant aux origines des saisies procédées par les forces de l’ordre. S’agit-il de saisies de productions nationales ou de marchandises en transit? Et pourquoi les quantités de cocaïne et de méthamphétamine semblent si infimes par rapport aux quantités estimées en circulation en Afrique de l’Ouest, plaque tournante du trafic de cocaïne vers l’Europe.

De sources médiatiques, des saisies d’importantes quantités de cocaïne et d’héroïne ont été opérées après des arraisonnements de navires battant pavillon togolais. Et lors de fuites des câbles diplomatiques Wikileaks, l’ancien ministre de la Sécurité François Boko avait dressé un rapport accablant sur le trafic de drogue au Togo, avec implication de personnalités haut placées.

La faible quantité de cocaïne pourrait peut-être illustrer l’intensification de la lutte contre le trafic des stups au Togo. Néanmoins la situation dans la zone Afrique de l’Ouest s’avère extrêmement préoccupante.

L’Afrique de l’Ouest, plaque tournante du trafic de drogue, corruption de hauts fonctionnaires

En 2025, au moins 30% du trafic de cocaïne à destination de l’Europe transite par l’Afrique de l’Ouest, un trafic en augmentation depuis 2019 et qui a pour conséquences, l’augmentation de la corruption dans les pays par lesquels la cocaïne transite, mais aussi l’augmentation de la consommation – et notamment sous forme de crack – dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

Selon les conclusions du rapport de l’Initiative mondiale contre le crime organisé (Gi-TOC) publié le 10 mars 2026 dernier sur le trafic de cocaïne dans la région. Les saisies n’ont cessé d’augmenter pour atteindre trente tonnes en 2025, indique les données compilées par l’ONG Gi-TOC, avec des saisies record pouvant aller jusqu’à dix tonnes saisies sur un seul bateau, inexistantes avant 2019. 30 tonnes pour la seule Afrique de l’Ouest, dont des pays comme le Bénin, le Sénégal…  

Pour Gi-TOC indique surtout que les saisies sont moins importantes grâce à la corruption de différents intermédiaires, dont des (hauts) fonctionnaires. «Dans certains pays il s’agit d’acteurs politiques parfois au plus niveau de l’État, dans d’autres, d’agents au niveau du port ou des aéroports », explique Lucia Bird, l’une des auteures du rapport.

Les experts du Gi-TOC affirment d’ailleurs que le  point commun à l’Afrique de l’Ouest et à l’Europe, “les profits générés par le commerce de la cocaïne atteignant des niveaux records, les ressources disponibles pour alimenter la corruption ont (également) augmenté“, faisant du « marché de la cocaïne une source de revenus attrayante pour les fonctionnaires et les élites politiques » en Afrique de l’Ouest.

Les moyens par lesquels la cocaïne est transportée depuis l’Amérique du Sud vers l’Europe, via l’Afrique de l’Ouest, ont évolué au cours du temps, en réponse aux efforts des services d’application de la loi. Une grande part de la cocaïne à destination de l’Afrique de l’Ouest transite par le Brésil où des groupes criminels nigérians exportent la drogue. En plus de leurs méthodes traditionnelles par passeurs aériens et envois postaux, ces groupes ont également fait usage récemment de cargaisons conteneurisées et du transport maritime. Depuis l’Afrique de l’Ouest, on constate également l’utilisation croissante du Bénin comme point de départ pour les passeurs aériens.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page